Guillaume Brochu – entrevue et histoire

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La ville de Québec est réputée mondialement pour ses talents qui émergent des sports d’hiver et les différents évènements qui y sont présentés! Nous avons qu’à penser au Red bull Chrashed Ice, au tournoi international de hockey pee-wee, au Carnaval de Québec, au Snowboard Jamboree et j’en passe… Que ce soit dans le hockey, le ski, ou le snowboard, nous avons plein d’athlètes qui se démarquent sur la scène internationale.

J’ai donc décidé de vous présenter des gens de Québec qui à leur manière ont influencé le monde du snowboard au cours des 20 dernières années. Je débute donc cette série d’entrevues avec Guillaume Brochu. Depuis que Guillaume a essayé la planche à neige en 1993, il n’a jamais arrêté de graviter dans le monde du snowboard. Organisation d’évènements, films de snowboard, compétition, les vêtements IFound, sont tous des projets qui relient Guillaume au monde du snowboard!

La ville de Québec regorge de talent en snowboard, voici donc un pionnier de cette industrie qui à sa manière a su influencer le monde du snowboard dans notre capitale nationale.

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Te souviens-tu de ton premier équipement de snowboard?
Oui! J’avais retiré tout l’argent de mon compte de banque et j’avais été m’acheté un Private label 143 cm avec des bottes Drake et des binding Excel. À cette époque-là, je pense que tout le monde avait des bindings Excel à 50$. Le set-up le moins cher à l’époque!

Tu as commencé à rider en quelle année et tu ridais quelle station?
J’ai fait du snowboard pour la première fois en 1993! À cette époque je faisais beaucoup de compétition de ski et j’achalais mon père pour qu’il me loue un snowboard après les compétitions… Donc c’est finalement au Mont-Ste-Anne que mon père m’avait loué un bon vieux Checker Pig Swing 5 et c’est là que j’ai essayé pour la première fois des 180. J’ai aussi commencé le skateboard à l’été 1993 et officiellement transformé en snowboarder en 1994 au Mont-St-Castin.

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D’où vient ta passion pour le snowboard?
Avant le snowboard, j’ai pratiqué beaucoup de sport d’équipe (soccer, baseball, football, ski de compétition). Avec le temps, plus je performais dans ces sports en vieillissant, plus je trouvais les gens qui le pratiquaient prétentieux, et la discipline qui les encadraient ennuyante. J’aimais beaucoup entre les compétitions de ski aller explorer la montagne, faire du hors-piste, etc. C’est ce que j’aimais avec le snowboard le coté freeride, la liberté et l’indépendance. Pas d’horaire, de coach, de règlements. L’avenir du match en snowboard ne dépend que de toi. Et entre-nous sur SnowboardQuébec, on s’entend que c’est le fun en TBRK.! Ya rien qui me fait sentir plus vivant que faire du snowboard.

Parle-moi rapidement de ton parcours?
Un de mes premiers commanditaires était la boutique DLX et ça m’a permis de me mettre dans l’ambiance du commerce de détail, de la vente de marchandise, etc. Ensuite j’ai fait beaucoup de compétitions, plusieurs films avec Sugar Shack, The Gathering, Straight Jacket Films, etc. Suite à ça, j’ai eu plusieurs blessures consécutives, dont des dislocations de l’épaule à répétition et je me suis aussi cassé le bassin. C’est après ça que j’ai décidé de commencer un projet que j’avais en tête depuis quelques années, soit de lancer une compagnie de vêtement de snowboard. À l’époque, j’ai vu une opportunité dans le headwear, car les compagnies ne faisaient pas vraiment de belles tuques et personne n’avait de commanditaires ou pro-model de tuques. Ça va faire 10 ans d’histoire cette année avec IFOUND, et croyez-moi j’en aurais long à vous raconter sur toutes les épreuves que j’ai rencontrées depuis.

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En tant que pro rider tu as voyagé beaucoup. Quel serait ton plus beau souvenir de voyage?
Mon voyage en Alaska avec Étienne Gilbert, Jon Cartwright, Martin Gallant, Dave Short et Ryan O’Dowd. Surement la plus rocambolesque aventure de snowboard que je pouvais faire. Après avoir gagné le Shakedown, je suis parti en feu! Ha. Il y a aussi mon voyage au Japon, les journées de Mt Baker, Whistler, L’Europe, Tahoe! Bref je pense que toutes ces journées de snowboard ont une valeur équivalente.

Qui était ton premier commanditaire?
Mon premier vrai contrat professionnel était avec Lib Technologies , j’avais 18 huit ans et j’étais devenu sur le même team que Jamie Lynn, Joey McGuire et Temple Cummins. J’ai lâché l’école! Hahaha.

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Selon toi, qu’est-ce qui a changé le plus dans le monde du snowboard depuis les 20 dernières années?
Le niveau de riding en termes de risque et difficulté a beaucoup augmenté dans le street. La créativité au niveau du street riding est une des choses qui m’impressionne vraiment… l’évolution avec les winchs, la vitesse, l’originalité des tricks! J’aime beaucoup le côté naturel du snowboard aussi. Son évolution est fascinante, toujours découvrir de nouveaux spots, faire des tricks sur des features naturels est ce que je préfère de loin. Il y a aussi les doubles, triples ou quadruples cork… Ce n’est pas ce que je préfère le plus, mais ça là sa place dans l’industrie et c’est normal qu’on en arrive là. Si ça peut permettre à des grosses compagnies d’investir dans le snowboard au lieu d’investir dans le hockey ou le basketball par exemple, bien c’est bon pour l’industrie.

Malgré que le snowboard soit un sport très jeune, son évolution a été assez rapide. Comment vois-tu le snowboard dans 20 ans? Évolution de l’équipement, riding, etc. Ce n’est pas comme une Formule 1 ou l’aérospatial. Le snowboard est fait par des humains et l’humain a une limite physique. Je pense qu’il y a des choses en snowboard qui ont été faites qui vont rester immortels comme une bonne vieille chanson des années 80’s! Qui va refaire les jumps en backcountry de DCP, Travis Rice et Devun Walsh? Bonne chance à tous. Hehe. Je pense que l’évolution va tourner autour du parc compétitif, halfpipe, slopestyle, big air… Je crois beaucoup en l’évolution de l’équipement aussi, plus particulièrement au niveau des fixations et des bottes. JF Pelchat a fait du beau travail au niveau des bindings avec sa marque NOW. Il y aussi plusieurs bottes inconfortables sur le marché qui coutent une fortune.
Mais la place où j’aimerais voir une évolution, c’est au niveau du casque. Je n’ai pas encore trouvé de casque qui me convient sur le marché. J’aimerais voir quelque chose de plus petit, plus léger, fonctionnel. Faut pas trop en demander, mais si on ne pouvait pas tous avoir l’air des casques ça pourrait être fiable aussi. C’est vraiment là que j’aimerais voir une évolution dans les prochaines années.

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Et qu’est qui a le moins changé, qui est resté presque pareil?
Le casque!!

La chose dont tu es le plus fier dans toute ta carrière de snowboard?
D’avoir conservé une santé pour pouvoir continuer à rider. Je touche du bois. Faire du snowboard et mon plus grand luxe dans la vie.

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À travers les années, qu’est-ce qui t’a toujours motivé à graviter dans l’industrie du snowboard?
Clairement parce que j’aime le snowboard et que ce sport m’a apporté beaucoup dans la vie, la volonté, la détermination, la pensée positive en autre. J’ai un fort côté de ma personnalité qui s’est développé par rapport à toutes ces expériences. Aussi le désir de voyager, de rencontrer des gens, de découvrir tout ce que la vie peut offrir… c’est l’héritage que le snowboard m’a donné de plus précieux. Le fait d’appliquer ça dans la vie de tous les jours, dans ma carrière et dans la façon dont je mène mes affaires avec IFound.

Tu te vois ou dans 5 ans?
Sur une plage du Costa Rica au moins 4 mois par année avec un accès internet haute vitesse!

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Tu es impliqué dans plusieurs projets, as-tu un modèle qui t’inspire ou ça serait quoi ta source d’inspiration?
Ma source d’inspiration c’est les gens qui ont toujours travaillé fort, c’est la seule chose qui peut mener au succès. Avoir une attitude positive, travailler fort et avoir une vision du futur réaliste.
Elon Musk est l’exemple à suivre pour tous. Il a prouvé qu’aucun rêve ou solution n’est assez grand pour l’homme.

Travailles-tu sur un projet présentement?
Oui, plusieurs, comme d’hab. Ha. Je développe beaucoup de nouveaux produits avec IFound et nous entamons la plus grosse phase de notre expansion, donc ce sera définitivement mon focus pour cette année. Mais je consacrerai beaucoup de temps aussi avec Louif Paradis pour mettre en marché sa marque d’accessoire Nuclear.

Quel conseil donnerais-tu as un jeune qui aimerait faire carrière dans le snowboard?
Techniquement, si un jeune a du talent il va surement se faire remarquer et quelqu’un va lui dire. Également, de connaître ses limites et de toujours faire du snowboard pour la pure raison qui est de s’amuser évitera beaucoup de complications morales pour le jeune.

Au début des années 1990, les snowboardeurs étaient associés à plusieurs stéréotypes (musique punk, party, vêtement, attitude, etc.) 25 ans plus tard dirais tu que les stéréotypes ont changés?
Je pense que le snowboard a perdu un peu son identité qu’il avait auparavant. C’était le fun d’être un peu différent et d’avoir notre personnalité sur la montagne. Je ne trouve pas ça négatif, mais je trouve que l’on est plus dissout avec les skieurs qu’on pouvait l’être avant. Par contre quelqu’un qui veut se démarquer à toujours l’option de le faire!

Il y a des riders qui poussent vraiment fort pour réussir de nouvelle manœuvre au risque de subir des blessures graves (ex : Kevin Pierce), penses-tu que parfois ça aille trop loin?
Je pense que ça va toujours arriver et que c’est à chaque être humain de se connaître et de faire ses choix. Par expérience les fois où je me suis blessé c’était soit une badluck ou une mauvaise décision. On ne peut pas toujours tout contrôler, mais faut savoir s’écouter, savoir quand arrêter et c’est peut-être une façon d’éviter des blessures.

Le big air en snowboard va débuter comme discipline olympique aux jeux de Pyeongchang, South Korea en 2018, quel sera l’impact dans le monde du snowboard?
Ça permet au snowboard d’être exposé à toute la planète et les cotes d’écoute sont là pour le démontrer. Ça, c’est positif. Je dirais que la responsabilité des olympiques c’est de rendre le sport populaire, mais la gestion par la FIS est une véritable honte. Également empêcher les commanditaires qui supportent les athlètes à l’année d’être visibles est tout simplement inacceptable. Écoutez les propos de Terje Haakonsen et vous connaîtrez mon opinion partagée.

En terminant, peux-tu me nommer une personne qui selon toi a influencé le snowboard au cours des 20 dernières années?
Terje, Jamie Lynn, Daniel Frank, Eddie Wall, Devun Walsh, Travis Rice, DCP, Nicolas Muller, I could name drop for a while… everyone did. Je dirais toute la gang de Déjà Vu et de Brothers Factory qui ont grandement contribué à l’évolution du sport aussi.

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